SAMEDI 12 SEPTEMBRE 2020, À 17 H, À CARCASSONNE (lieu à préciser) RENCONTRE, lecture, conversation, dédicace, avec l’écrivain JEAN-PAUL HONORÉ, à propos de son dernier récit, Pontée (Arléa, 2019).

À PROPOS DE PONTÉE DE JEAN-PAUL HONORÉ, Édition Arléa 2019.

PRIX LIVRE & MER HENRI-QUEFFÉLEC 2019.

Dans le vocabulaire de la marine marchande, le mot Pontée désigne la cargaison chargée sur le pont.

Ce livre, sorte de carnet de voyage, conjugue l’écriture poétique et l’écriture documentaire pour décrire l’atmosphère de l’un des plus grands porte-conteneurs du monde, au cours d’un trajet de trente-huit jours entre la Chine et l’Europe. Il évoque toutes sortes d’aspects de cet univers singulier, itinérant, divers, à la fois industriel et naturel, où l’être humain est central, mais infime.
Le texte prend la mer, lentement, comme un cargo, et progresse au rythme de cette traversée. Il n’adopte la forme d’une relation linéaire, chronologique, mais celle d’une juxtaposition de moments qui s’enchaînent selon des affinités plus discrètes, comme on voit se superposer les conteneurs que transporte un grand navire.
L’auteur, seul passager de cette traversée, se décrit à distance, en observateur décalé dans cet univers où un terrien n’a rien à faire. Il rend compte, dans une écriture où l’on retrouve l’humour, la rêverie poétique, parfois la conversation, de ce qu’il a vu à bord, mais aussi à quai. Tout nous est conté, du matériel colossal, comme le moteur du navire, les portiques de transbordement, aux équipements plus modestes comme la couchette, la coupée, la machine à laver du bord. Et, bien sûr, la mer, dans tous ses états.
Pontée est une magnifique invitation au voyage, où se mêlent l’émerveillement, la fascination, l’empathie et quelquefois l’inquiétude.

ÉLOGE DE LA PRESSE :

– CLARO fend les flots en porte-conteneurs à la lecture de nouveau livre de Jean-Paul Honoré, Le Monde, 18 mai 2019 : CLIQUER ICI POUR LIRE L’ARTICLE.

–  Pontée, par Florence Trocmé, POEZIBAO 2 février 2019.

C’est à un véritable embarquement qu’invite Jean-Paul Honoré dans ce livre, Pontée. Embarquement réel mais aussi virtuel, dans les mots, dans les sensations, dans les rêves de voyage, de navires et de transports en tous genres. […]
Le livre est une formidable collection de relevés d’impressions, de sensations, de questions, celles du PAX, espèce étrangère aux crew members (membres d’équipage) mais soumis lui aussi à toutes les règles du bord, parfois très contraignantes et à ses usages tellement atypiques pour le terrien. Chance pour Jean-Paul Honoré et pour son lecteur, il sera le seul et unique PAX pour cette traversée commencée à Ningho, en Chine et qui va le mener, par le détroit de Malacca, le canal de Suez, et Gibraltar, vers les ports de l’Europe du Nord. Il ne pourra débattre de ses impressions qu’avec lui-même ! Et avec son carnet de notes.
Et le lecteur donc de naviguer avec lui, un peu comme on circule via un navigateur internet, parfois de manière linéaire, parfois de manière aléatoire ou selon des associations d’idées qui appartiennent à l’écrivain. Avec la ponctuation des données de position du navire : N 06°17’57.139 / E 093°34’14.003 / BAY OF BENGAL. 268°. Cela donne un livre qui est aussi bien un récit de voyage et un document passionnant sur ce monde de la marine marchande qu’un vrai livre de poésie, en ce sens que toutes les ressources de l’écriture sont mobilisées pour explorer les sensations, le dépaysement, l’étrangeté, l’effroi parfois devant l’immensité du bateau, de l’océan, du moteur-cathédrale, etc. Exploration très subtile, notamment des illusions d’optique ou des erreurs d’appréciation car, dit l’auteur, « le corps se déplace progressivement, mais les sensations voyagent par bonds. ». Il travaille beaucoup sur ce petit décalage entre ce que le corps enregistre, l’interprétation parfois difficile qui peut être donnée à cette perception et ensuite ce que l’écriture va être capable d’en retenir. Cela avance par touches, par bonds en courts paragraphes. Exploration de ce bâtiment inouï, de ses entrailles aux allures parfois infernales, de son château, sorte de donjon aux larges ailes où travaillent et vivent les hommes, évocation de la citadelle, « refuge ultime, réputé inviolable, où courir si Rackham le Rouge s’empare de cette Licorne… C’est un local aveugle, verrouillé comme un blockhaus et dont l’emplacement est tenu secret. » (p. 73). La sensation d’étrangeté est maintes de fois éprouvée et traduite : « Immobile papillon de nuit collé à cette structure d’acier, vous êtes pénétré par la surprise intense d’être là, au-dessus des plis phosphorescents du sillage, sous le ciel indéchiffrable. »
Alors que trop de livres de poèmes laissent le lecteur à quai, celui-ci le transporte ! « Pilonnement. Tossage. Cavalement. Tangage. La mer cherche la faille, appuie où ça fait mal. Les membrures travaillent. Les cloisons geignent. Les soudures transpirent. »
Jean-Paul Honoré nous apprend que « chaque conteneur voyage avec un passeport qui publie ce qu’il contient et porte le beau nom désuet de lettre de connaissement. » On aimerait que cette note soit une lettre de connaissement et qu’elle dise un peu de ce que transporte ce beau livre de bord.

L’AUTEUR :

Jean-Paul Honoré est linguiste. Il a enseigné à l’université Paris-Est ainsi qu’à l’université de Kyoto, au Japon, où il a résidé plusieurs années. Il vit à Paris.

Il a publié deux récits : Comment le Japon est venu a moi, Éditions Nous, 2018 ; Pontée, Arléa, 2019. Et de nombreux articles et ouvrages de linguistique.